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Dans cet article vous trouverez un panorama de l’agriculture en Guyane française, ses productions principales, les pratiques traditionnelles amérindiennes et créoles, ainsi que les défis structurels freinant son développement.
Une agriculture contrainte par la géographie amazonienne
Un territoire immense mais peu exploité
La Guyane française, plus vaste région de France avec ses 84 000 km², présente paradoxalement une surface agricole utile extrêmement limitée, la forêt amazonienne recouvrant plus de 90% du territoire. Cette contrainte géographique concentre l’essentiel de l’activité agricole sur une bande littorale étroite, où se trouve également la majorité de la population, créant une pression foncière importante entre urbanisation, agriculture et préservation environnementale.
L’abattis-brûlis, une pratique traditionnelle ancestrale
L’agriculture guyanaise reste profondément marquée par la pratique traditionnelle de l’abattis, système agricole ancestral pratiqué par les communautés amérindiennes et bushinengués, consistant à défricher une parcelle de forêt pour y cultiver manioc, ignames, bananes plantains et autres cultures vivrières pendant quelques années, avant de laisser la parcelle en jachère pour permettre la régénération naturelle de la forêt. Cette méthode, bien qu’ancestrale, coexiste aujourd’hui avec des formes d’agriculture plus intensives.
Entre productions phares et défis structurels
La riziculture, pilier historique de l’économie agricole
La riziculture, implantée notamment dans la plaine de Mana, constitue historiquement l’une des productions les plus structurées de Guyane, bien que le secteur ait connu des difficultés économiques significatives ces dernières décennies. D’autres cultures se développent également, comme l’élevage bovin, les fruits tropicaux ou encore le maraîchage, porté en partie par les communautés Hmong installées dans la région depuis les années 1970, reconnues pour leur savoir-faire maraîcher intensif.
Des freins logistiques et fonciers persistants
Le développement agricole guyanais se heurte à plusieurs obstacles majeurs : l’enclavement de certaines zones limitant l’accès aux marchés, la complexité de l’accès au foncier, ainsi que la concurrence de l’orpaillage, souvent plus rémunérateur à court terme, qui détourne parfois la main-d’œuvre des activités agricoles. Malgré ces défis, la Guyane dispose d’un potentiel agricole important, notamment via le développement de filières durables et la valorisation des savoir-faire traditionnels, offrant des perspectives intéressantes pour l’avenir alimentaire du territoire.


